Pourquoi demander l'antibiogramme ?
Lorsqu'une analyse met en évidence une bactérie, le laboratoire répond à une première question : laquelle ? L'antibiogramme répond à la suivante, celle qui décide du traitement : quel antibiotique agit encore sur elle ?
Les deux questions sont bien distinctes. Il fut un temps où connaître l'espèce suffisait à choisir le médicament. Ce temps est passé. Aujourd'hui, deux bactéries de la même espèce, isolées chez deux personnes différentes, peuvent réagir de façon opposée au même antibiotique.
Concrètement, nous mettons votre bactérie en présence d'une série d'antibiotiques et nous mesurons la concentration nécessaire pour l'empêcher de se multiplier. Chaque molécule reçoit ensuite une lettre : S lorsqu'elle est efficace à dose habituelle, I lorsqu'elle l'est à condition d'augmenter la dose, R lorsqu'elle ne l'est plus.
L'examen révèle aussi la façon dont la bactérie se défend. Certaines produisent des enzymes qui détruisent des familles entières d'antibiotiques. Rien dans les symptômes ne permet de le deviner : seul le laboratoire peut le mettre en évidence, et cela change parfois complètement le traitement.
C'est pourquoi le prélèvement doit être réalisé avant la première prise d'antibiotique. Sinon la bactérie ne pousse plus, l'antibiogramme devient impossible, et votre médecin se retrouve à traiter sans repère.
Un antibiogramme demande en général vingt-quatre à quarante-huit heures après la mise en culture. Ce délai n'est pas une lenteur : c'est le temps qu'il faut aux bactéries pour pousser.
Recevez nos prochains articles directement par email.