Les biofilms
Il arrive qu'un antibiotique annoncé efficace par le laboratoire ne suffise pourtant pas à guérir une infection. L'une des explications porte un nom : le biofilm.
Les bactéries ne vivent pas toujours isolées. Sur une surface — un cathéter, une sonde urinaire, une prothèse, une valve — elles s'organisent en communautés et sécrètent une matrice gluante qui les enveloppe et les protège. Cet ensemble s'appelle un biofilm.
À l'intérieur, les bactéries deviennent beaucoup plus difficiles à atteindre. La matrice ralentit la pénétration du médicament, et certaines cellules entrent dans une sorte de sommeil qui les rend insensibles aux antibiotiques, lesquels agissent surtout sur les bactéries en train de se multiplier. Il faut alors des concentrations des dizaines à des milliers de fois supérieures pour espérer les détruire.
C'est là qu'apparaît la limite de l'antibiogramme. Cet examen est réalisé sur des bactéries libres, en suspension, dans des conditions idéales de croissance. Il indique fidèlement ce que la molécule ferait dans ces conditions — mais il ne prédit pas son comportement face à un biofilm.
En pratique, cela explique pourquoi le retrait du matériel infecté est souvent nécessaire, et pourquoi une infection sur prothèse demande des traitements longs et des associations de médicaments.
Si une infection résiste malgré un traitement adapté, signalez à votre médecin tout matériel implanté.
Recevez nos prochains articles directement par email.